Forum de la CEA : Claver Gatete appelle l'Afrique à passer de la planification à l'action

Le Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique (CEA), Claver Gatete, a ouvert les travaux du Forum africain pour le développement en lançant un appel pressant aux États du continent : cesser de planifier et commencer à exécuter. Un message fort, délivré dans un contexte international particulièrement difficile, marqué par un ralentissement de la croissance mondiale, des inégalités croissantes, des contraintes budgétaires accrues, une intensification des chocs climatiques et des tensions géopolitiques qui pèsent sur la stabilité économique mondiale.



L'Afrique à un moment charnière
Pour Claver Gatete, le continent se trouve aujourd'hui à un carrefour décisif de son histoire. Les transitions démographiques, urbaines et climatiques s'accélèrent simultanément, accentuant les pressions sur des systèmes économiques et sociaux déjà fragilisés. Les secteurs examinés lors de ce forum, à savoir l'eau, l'énergie, les infrastructures et les villes, constituent selon lui les fondations indispensables de la transformation du continent. Leur faiblesse freine la croissance, tandis que leur efficacité peut stimuler la productivité et l'inclusion économique.

L'Éthiopie en exemple, la COP32 en perspective
Le pays hôte a été salué pour ses efforts en matière de développement durable et d'action climatique. L'Éthiopie se distingue par son initiative de reboisement à grande échelle et par une production électrique majoritairement d'origine renouvelable. Le pays s'apprête par ailleurs à accueillir la COP32 en 2027, une responsabilité majeure qui positionne l'Afrique au cœur des négociations mondiales sur le climat.

Cinq axes stratégiques pour renverser la tendance
Afin d'accélérer la transformation du continent, Claver Gatete a proposé cinq priorités stratégiques. La première consiste à repositionner les services essentiels — eau, énergie, infrastructures — comme des leviers économiques intégrés aux stratégies industrielles et urbaines. La deuxième vise à combler le déficit de financement des infrastructures en mobilisant davantage de ressources domestiques et en attirant les investissements privés. La troisième appelle à valoriser l'urbanisation comme moteur de croissance, en reliant planification urbaine, industrialisation et création d'emplois. La quatrième recommande d'articuler les transitions numérique et verte, en investissant dans les compétences, la recherche et les industries d'avenir. La cinquième, enfin, plaide pour un renforcement de la gouvernance et de la coopération régionale, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Le principal défi : l'exécution
Pour le Secrétaire exécutif de la CEA, les cadres stratégiques africains sont déjà bien définis. Le véritable obstacle n'est plus intellectuel, il est opérationnel. Ce qui manque, c'est la cohérence dans la mise en œuvre, les financements adéquats et l'engagement politique nécessaire pour passer à grande échelle.
« Le changement ne se produira pas de lui-même », a-t-il averti, appelant les participants à faire de ce forum un moment de décisions concrètes plutôt qu'un exercice de réflexion supplémentaire.


Rédigé par le Dimanche 3 Mai 2026 à 03:19

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