Une primaire républicaine dans le sud-ouest de la Floride, fief adopté du président Donald Trump, s'est transformée en un véritable capharnaüm politique. D'anciens élus du Congrès originaires d'autres États, un ex-mannequin condamné pour sa participation à l'attaque du Capitole, et une poignée de candidats récemment installés dans la région se disputent désormais ce siège vacant à la Chambre des représentants, dans un contexte où Trump n'a pour l'instant choisi aucun favori.
Un fief trumpiste sans favori désigné
Cette primaire chaotique se déroule dans l'État d'adoption de Donald Trump, à un moment où celui-ci continue habituellement de jouer un rôle décisif dans les primaires républicaines à travers le pays. Mais dans ce district précis, le président ne s'est pas encore prononcé, laissant un champ de candidats hétéroclites se disputer le titre de véritable héritier du mouvement MAGA. Selon le président du Parti républicain de Floride, Evan Power, cette course suscite autant de curiosité chez les observateurs locaux que chez le grand public.
Plusieurs candidats affirment être en contact avec l'équipe de Trump et espèrent encore recueillir son soutien. Un conseiller proche du président a indiqué ne pas exclure une telle intervention, tout en reconnaissant que la multiplicité des candidats compliquait les sondages. Le vote anticipé est déjà en cours avant la primaire prévue le 18 août.
Six candidats venus d'autres États
Fait remarquable, six des candidats en lice dans le 19e district de Floride ont déjà été élus au Congrès, ou s'y sont présentés, dans d'autres États :
Madison Cawthorn, ancien élu de Caroline du Nord dont le mandat chaotique s'était achevé par une défaite en primaire en 2022.
Chris Collins, ancien élu de New York condamné à 26 mois de prison pour délit d'initié, avant d'être gracié par Donald Trump en décembre 2020 après deux mois d'incarcération.
Jim Oberweis et Catalina Lauf, tous deux venus de l'Illinois, qui s'étaient affrontés en 2020 pour un siège dans la banlieue de Chicago. Oberweis, ancien sénateur d'État déjà investi par le parti républicain pour le poste de gouverneur et de sénateur fédéral en Illinois, avait remporté la primaire avant de perdre l'élection générale. Lauf avait retenté sa chance deux ans plus tard dans un autre district, sans succès non plus.
Ola Hawatmeh, qui s'était présentée sans succès dans l'État de New York avant de devenir conseillère de l'élue de l'Indiana Victoria Spartz.
Linda Sawyer, qui avait perdu des primaires pour représenter le Michigan au Congrès en 2020, puis à nouveau deux ans plus tard.
Plusieurs responsables républicains, tant en Floride qu'à Washington, observent cette course avec un mélange d'amusement et d'exaspération, un responsable du camp républicain à la Chambre la qualifiant de véritable défilé de personnalités hautes en couleur.
Un territoire habitué aux nouveaux arrivants
Les plages du sud-ouest de la Floride attirent depuis longtemps des personnalités extérieures en quête d'un nouveau départ, la ville de Naples elle-même ayant été cofondée en 1886 par un sénateur du Kentucky arrivé sur la côte peu après sa défaite électorale. Les quatre derniers élus ayant représenté la région à Washington étaient eux-mêmes des transplants.
L'actuel élu du district, Byron Donalds, né à New York, se présente désormais au poste de gouverneur de Floride et n'a soutenu aucun successeur potentiel.
Un candidat local mise sur son ancrage
Face à cette vague de nouveaux arrivants, l'homme d'affaires local Jim Schwartzel, propriétaire de médias régionaux et résident de longue date, cherche à se distinguer en insistant sur son enracinement dans la région, quand ses adversaires viendraient, selon lui, de Chicago ou de New York sans y avoir été élus.
De leur côté, ses rivaux revendiquent leur attachement à leur nouvelle terre d'adoption. Ola Hawatmeh affirme avoir accompli davantage pour les enjeux locaux en un an que d'autres résidents de longue date. Jim Oberweis, riche investisseur récemment octogénaire, rappelle posséder des biens et des entreprises dans le district depuis près d'un demi-siècle, plus longtemps que tous ses adversaires selon lui.
Catalina Lauf, cofondatrice d'une start-up dans la santé et ancienne conseillère au département du Commerce sous la précédente administration Trump, s'est installée en Floride après la pandémie. Elle affirme s'être présentée pour éviter que ce bastion républicain ne soit représenté par des candidats mus, selon elle, par leur seul ego personnel, se positionnant comme représentante de l'avenir du parti face à des figures qu'elle associe à son passé.
Les démêlés judiciaires de Madison Cawthorn
Madison Cawthorn a expliqué s'être installé dans la région peu après sa défaite de 2022, devenant depuis un habitué des événements du parti local. Il a toutefois multiplié les démêlés avec les forces de l'ordre depuis son installation en Floride : plusieurs excès de vitesse dans trois comtés différents, dont deux dépassant la limite autorisée de 50 miles à l'heure, ainsi qu'une citation pour conduite dangereuse.
En avril 2024, il avait percuté un véhicule de la patrouille routière de Floride, avant d'être reconnu coupable en mai 2025 de ne pas avoir cédé le passage à un véhicule d'urgence, ce qui lui avait valu une amende, une suspension de permis et des heures de stage de conduite obligatoires. Il a ensuite été poursuivi pour conduite avec un permis suspendu, un mandat d'arrêt ayant été émis après son absence à une audience, avant sa remise en liberté sous caution.
Cawthorn, paralysé des membres inférieurs depuis un accident de voiture survenu en 2014, a également reçu sept citations pour stationnement sur des places réservées aux personnes handicapées sans autorisation valide, ainsi qu'une nouvelle infraction récente liée à l'expiration de sa carte grise.
CNN n'a pas pu obtenir de réaction de sa part, les coordonnées qu'il avait fournies aux autorités électorales n'ayant donné aucun résultat.
Des soutiens partisans qui s'affrontent également
Les dirigeants républicains à la Chambre évitent en général de solliciter Trump sur les primaires, sauf risque électoral majeur pour le parti, ce qui n'a pas été jugé nécessaire ici, Trump ayant remporté ce district avec 30 points d'avance en 2024.
D'autres organisations conservatrices se sont toutefois positionnées. Le groupe Club for Growth a promis de dépenser au moins 1,1 million de dollars pour empêcher le retour de Chris Collins à Washington, jugeant son bilan de vote insuffisamment conservateur, malgré son soutien précoce à Trump en 2016. Ni Collins ni son équipe de campagne n'ont répondu aux demandes de commentaires.
Turning Point Action, l'organisation fondée par le militant conservateur Charlie Kirk, a quant à elle soutenu John Strand, un ancien mannequin ayant purgé une peine de prison pour sa participation à l'attaque du Capitole du 6 janvier avant d'être gracié par Trump. Strand n'aurait toutefois pas réussi à lever suffisamment de fonds pour diffuser massivement son message face à des adversaires mieux financés.
Une bataille financière et médiatique
Jim Oberweis a prêté près de 5 millions de dollars à sa propre campagne et a dépensé plus que tout autre candidat en publicités télévisées. Chris Collins a investi 2,6 millions de dollars de sa fortune personnelle, et Jim Schwartzel un million de dollars. Le comité de soutien à Catalina Lauf, Protect Freedom, a pour sa part injecté plus de 2,1 millions de dollars en publicités.
Oberweis et Lauf reprochent tous deux à Schwartzel de bénéficier d'un avantage structurel en tant que propriétaire de stations de télévision et de radio locales, qu'il utiliserait selon eux pour promouvoir sa candidature et attaquer ses adversaires. Lauf a notamment critiqué la manière dont les médias de Schwartzel les présentaient, tandis qu'Oberweis a déploré avoir dû lui-même payer des publicités sur ces mêmes stations, enrichissant ainsi indirectement l'un de ses principaux rivaux. Schwartzel a rétorqué qu'il ne dictait aucune ligne éditoriale à ses animateurs et que le micro restait ouvert à ses adversaires s'ils souhaitaient s'exprimer directement auprès de ses auditeurs.
Un même soutien inconditionnel à Trump
Malgré ces tensions et ces parcours très disparates, l'ensemble des candidats reste uni sur un point central de cette campagne : leur soutien indéfectible à Donald Trump. Lors d'un récent débat réunissant Catalina Lauf, Madison Cawthorn et Ola Hawatmeh, aucun des participants n'a été en mesure de citer un seul sujet de désaccord avec le président.
Cette primaire houleuse dans le 19e district de Floride illustre la manière dont un bastion électoral sûr pour les républicains peut devenir un terrain de jeu pour des candidats en quête d'un nouveau départ politique, tous unis par leur allégeance à Donald Trump, mais divisés sur presque tout le reste.
Un fief trumpiste sans favori désigné
Cette primaire chaotique se déroule dans l'État d'adoption de Donald Trump, à un moment où celui-ci continue habituellement de jouer un rôle décisif dans les primaires républicaines à travers le pays. Mais dans ce district précis, le président ne s'est pas encore prononcé, laissant un champ de candidats hétéroclites se disputer le titre de véritable héritier du mouvement MAGA. Selon le président du Parti républicain de Floride, Evan Power, cette course suscite autant de curiosité chez les observateurs locaux que chez le grand public.
Plusieurs candidats affirment être en contact avec l'équipe de Trump et espèrent encore recueillir son soutien. Un conseiller proche du président a indiqué ne pas exclure une telle intervention, tout en reconnaissant que la multiplicité des candidats compliquait les sondages. Le vote anticipé est déjà en cours avant la primaire prévue le 18 août.
Six candidats venus d'autres États
Fait remarquable, six des candidats en lice dans le 19e district de Floride ont déjà été élus au Congrès, ou s'y sont présentés, dans d'autres États :
Madison Cawthorn, ancien élu de Caroline du Nord dont le mandat chaotique s'était achevé par une défaite en primaire en 2022.
Chris Collins, ancien élu de New York condamné à 26 mois de prison pour délit d'initié, avant d'être gracié par Donald Trump en décembre 2020 après deux mois d'incarcération.
Jim Oberweis et Catalina Lauf, tous deux venus de l'Illinois, qui s'étaient affrontés en 2020 pour un siège dans la banlieue de Chicago. Oberweis, ancien sénateur d'État déjà investi par le parti républicain pour le poste de gouverneur et de sénateur fédéral en Illinois, avait remporté la primaire avant de perdre l'élection générale. Lauf avait retenté sa chance deux ans plus tard dans un autre district, sans succès non plus.
Ola Hawatmeh, qui s'était présentée sans succès dans l'État de New York avant de devenir conseillère de l'élue de l'Indiana Victoria Spartz.
Linda Sawyer, qui avait perdu des primaires pour représenter le Michigan au Congrès en 2020, puis à nouveau deux ans plus tard.
Plusieurs responsables républicains, tant en Floride qu'à Washington, observent cette course avec un mélange d'amusement et d'exaspération, un responsable du camp républicain à la Chambre la qualifiant de véritable défilé de personnalités hautes en couleur.
Un territoire habitué aux nouveaux arrivants
Les plages du sud-ouest de la Floride attirent depuis longtemps des personnalités extérieures en quête d'un nouveau départ, la ville de Naples elle-même ayant été cofondée en 1886 par un sénateur du Kentucky arrivé sur la côte peu après sa défaite électorale. Les quatre derniers élus ayant représenté la région à Washington étaient eux-mêmes des transplants.
L'actuel élu du district, Byron Donalds, né à New York, se présente désormais au poste de gouverneur de Floride et n'a soutenu aucun successeur potentiel.
Un candidat local mise sur son ancrage
Face à cette vague de nouveaux arrivants, l'homme d'affaires local Jim Schwartzel, propriétaire de médias régionaux et résident de longue date, cherche à se distinguer en insistant sur son enracinement dans la région, quand ses adversaires viendraient, selon lui, de Chicago ou de New York sans y avoir été élus.
De leur côté, ses rivaux revendiquent leur attachement à leur nouvelle terre d'adoption. Ola Hawatmeh affirme avoir accompli davantage pour les enjeux locaux en un an que d'autres résidents de longue date. Jim Oberweis, riche investisseur récemment octogénaire, rappelle posséder des biens et des entreprises dans le district depuis près d'un demi-siècle, plus longtemps que tous ses adversaires selon lui.
Catalina Lauf, cofondatrice d'une start-up dans la santé et ancienne conseillère au département du Commerce sous la précédente administration Trump, s'est installée en Floride après la pandémie. Elle affirme s'être présentée pour éviter que ce bastion républicain ne soit représenté par des candidats mus, selon elle, par leur seul ego personnel, se positionnant comme représentante de l'avenir du parti face à des figures qu'elle associe à son passé.
Les démêlés judiciaires de Madison Cawthorn
Madison Cawthorn a expliqué s'être installé dans la région peu après sa défaite de 2022, devenant depuis un habitué des événements du parti local. Il a toutefois multiplié les démêlés avec les forces de l'ordre depuis son installation en Floride : plusieurs excès de vitesse dans trois comtés différents, dont deux dépassant la limite autorisée de 50 miles à l'heure, ainsi qu'une citation pour conduite dangereuse.
En avril 2024, il avait percuté un véhicule de la patrouille routière de Floride, avant d'être reconnu coupable en mai 2025 de ne pas avoir cédé le passage à un véhicule d'urgence, ce qui lui avait valu une amende, une suspension de permis et des heures de stage de conduite obligatoires. Il a ensuite été poursuivi pour conduite avec un permis suspendu, un mandat d'arrêt ayant été émis après son absence à une audience, avant sa remise en liberté sous caution.
Cawthorn, paralysé des membres inférieurs depuis un accident de voiture survenu en 2014, a également reçu sept citations pour stationnement sur des places réservées aux personnes handicapées sans autorisation valide, ainsi qu'une nouvelle infraction récente liée à l'expiration de sa carte grise.
CNN n'a pas pu obtenir de réaction de sa part, les coordonnées qu'il avait fournies aux autorités électorales n'ayant donné aucun résultat.
Des soutiens partisans qui s'affrontent également
Les dirigeants républicains à la Chambre évitent en général de solliciter Trump sur les primaires, sauf risque électoral majeur pour le parti, ce qui n'a pas été jugé nécessaire ici, Trump ayant remporté ce district avec 30 points d'avance en 2024.
D'autres organisations conservatrices se sont toutefois positionnées. Le groupe Club for Growth a promis de dépenser au moins 1,1 million de dollars pour empêcher le retour de Chris Collins à Washington, jugeant son bilan de vote insuffisamment conservateur, malgré son soutien précoce à Trump en 2016. Ni Collins ni son équipe de campagne n'ont répondu aux demandes de commentaires.
Turning Point Action, l'organisation fondée par le militant conservateur Charlie Kirk, a quant à elle soutenu John Strand, un ancien mannequin ayant purgé une peine de prison pour sa participation à l'attaque du Capitole du 6 janvier avant d'être gracié par Trump. Strand n'aurait toutefois pas réussi à lever suffisamment de fonds pour diffuser massivement son message face à des adversaires mieux financés.
Une bataille financière et médiatique
Jim Oberweis a prêté près de 5 millions de dollars à sa propre campagne et a dépensé plus que tout autre candidat en publicités télévisées. Chris Collins a investi 2,6 millions de dollars de sa fortune personnelle, et Jim Schwartzel un million de dollars. Le comité de soutien à Catalina Lauf, Protect Freedom, a pour sa part injecté plus de 2,1 millions de dollars en publicités.
Oberweis et Lauf reprochent tous deux à Schwartzel de bénéficier d'un avantage structurel en tant que propriétaire de stations de télévision et de radio locales, qu'il utiliserait selon eux pour promouvoir sa candidature et attaquer ses adversaires. Lauf a notamment critiqué la manière dont les médias de Schwartzel les présentaient, tandis qu'Oberweis a déploré avoir dû lui-même payer des publicités sur ces mêmes stations, enrichissant ainsi indirectement l'un de ses principaux rivaux. Schwartzel a rétorqué qu'il ne dictait aucune ligne éditoriale à ses animateurs et que le micro restait ouvert à ses adversaires s'ils souhaitaient s'exprimer directement auprès de ses auditeurs.
Un même soutien inconditionnel à Trump
Malgré ces tensions et ces parcours très disparates, l'ensemble des candidats reste uni sur un point central de cette campagne : leur soutien indéfectible à Donald Trump. Lors d'un récent débat réunissant Catalina Lauf, Madison Cawthorn et Ola Hawatmeh, aucun des participants n'a été en mesure de citer un seul sujet de désaccord avec le président.
Cette primaire houleuse dans le 19e district de Floride illustre la manière dont un bastion électoral sûr pour les républicains peut devenir un terrain de jeu pour des candidats en quête d'un nouveau départ politique, tous unis par leur allégeance à Donald Trump, mais divisés sur presque tout le reste.