Fifa: Gianni Infantino abandonne le projet d'investisseurs privés

Sous le poids des critiques, la Fifa fait marche arrière. Samedi 1er août 2026, son président Gianni Infantino a annoncé l'abandon du projet visant à ouvrir l'instance à des investisseurs privés, un plan qui avait ravivé les craintes d'une marchandisation du football mondial et des soupçons de conflits d'intérêts.



Un revirement après une semaine de contestation

Dans un communiqué, Gianni Infantino a reconnu que le projet avait fini par diviser plutôt que rassembler, expliquant que cette division n'était plus compatible avec l'objectif initial de la démarche. Il a rappelé que la mission de la Fifa restait de fédérer et de faire progresser le football, avant d'annoncer que la proposition ne serait finalement pas retenue. Le dirigeant suisso-italien arrivait déjà affaibli à cette annonce : son conseiller principal, l'ancien banquier Carlos Cordeiro, avait démissionné quelques jours plus tôt en signe de désaccord.

Le projet Fifa Forward Enterprise, à l'origine de la polémique

Dévoilé le mardi 28 juillet 2026, à la surprise de l'ensemble du football mondial, le plan ambitionnait de porter à 10 milliards de dollars le financement du développement du football sur quatre ans. Concrètement, Gianni Infantino voulait créer une entité dédiée, la Fifa Forward Enterprise (FFE), ouverte à des capitaux privés et chargée de piloter les activités commerciales et événementielles de la Fifa. Le projet a immédiatement suscité l'inquiétude d'une partie du monde du football, qui redoutait une dénaturation des compétitions internationales au profit d'intérêts financiers privés.

Une fronde menée par l'UEFA, rejointe par d'autres confédérations

La contestation a démarré avec une menace de boycott des Coupes du monde brandie par l'UEFA. Elle s'est ensuite étendue rapidement. La Concacaf, qui regroupe 41 fédérations d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes, a rejeté la proposition. La Confédération asiatique (AFC), forte de 47 membres dont 46 affiliés à la Fifa, a soutenu la position de l'UEFA et de la Concacaf, jugeant que le projet ne pouvait réunir le consensus nécessaire, et a réclamé une révision urgente de la gouvernance de l'instance mondiale. La Conmebol avait, quelques heures avant l'annonce d'Infantino, demandé des clarifications sur la portée, la structure et la gouvernance du projet, en appelant à l'unité du football. Les confédérations africaine et océanienne, plus mesurées, avaient simplement invité leurs fédérations membres à étudier la proposition. Sur le plan politique, le Premier ministre britannique Andy Burnham a également pris position, qualifiant le projet de scandaleux et remettant en cause la légitimité d'Infantino à la tête du football mondial.

Ce qu'il faut retenir

Le projet FFE visait à lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars en ouvrant la Fifa aux investisseurs privés. Il a été retiré moins d'une semaine après sa présentation, sous la pression conjointe de l'UEFA, de la Concacaf et de l'AFC. L'épisode relance le débat sur la gouvernance de la Fifa et sur l'entourage politico-financier de Gianni Infantino.

Rédigé par le Samedi 1 Aout 2026 à 03:35