État de droit : l'Assemblée nationale adopte la loi créant l’Observatoire national des lieux de privation de liberté

Dakar, le 16 février 2026 – Le Parlement sénégalais a franchi ce lundi une étape décisive dans la consolidation des garanties juridiques et de la protection des libertés individuelles. Les députés ont adopté à une large majorité le projet de loi n°09/2025 portant création, organisation et fonctionnement de l’Observatoire national des lieux de privation de liberté. Ce nouveau mécanisme institutionnel répond à une exigence de transparence et de respect de la dignité humaine au sein du système sécuritaire et pénitentiaire national.



À travers ce vote, le gouvernement dote officiellement le pays d’un instrument indépendant chargé de veiller rigoureusement au respect des droits fondamentaux de toute personne privée de liberté. L’Observatoire aura pour mission principale de contrôler les conditions de prise en charge ainsi que les modalités de transfèrement dans l’ensemble des lieux de détention du territoire. Son champ d'action s'étendra aussi bien aux établissements pénitentiaires classiques qu'aux locaux de garde à vue situés dans les commissariats et les brigades de gendarmerie.

Le rôle de cette nouvelle instance sera particulièrement axé sur la prévention. L’Observatoire devra s’assurer que les traitements infligés aux personnes détenues respectent scrupuleusement la dignité humaine, tout en luttant activement contre toute forme de torture ou de traitements cruels, inhumains et dégradants. Par ses missions régulières de contrôle, d’observation et de formulation de recommandations, l’institution contribuera à l’amélioration concrète des conditions de vie en milieu carcéral et à la modernisation des pratiques policières et judiciaires.

L’adoption de ce texte législatif marque ainsi une avancée significative dans la trajectoire démocratique du Sénégal. En institutionnalisant un regard extérieur et indépendant sur les lieux de privation de liberté, l’État renforce la transparence de ses pratiques et apporte une réponse concrète aux attentes des organisations de défense des droits humains. Ce mécanisme s'inscrit désormais comme un pilier essentiel de la protection des citoyens face à l'autorité, garantissant que la privation de liberté ne signifie en aucun cas la privation de la dignité.


Rédigé par Kamalenba le Lundi 16 Février 2026 à 17:41

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