Drame à Ceuta: Au moins 34 morts dans une traversée clandestine, l'armée espagnole déployée et vives tensions diplomatiques

Ceuta / Madrid – Une tragédie humaine s'est déroulée au large de l'enclave espagnole de Ceuta, où au moins 34 personnes ont perdu la vie en tentant de gagner la côte à la nage depuis le Maroc, a confirmé le gouvernement espagnol. Face à l'afflux massif de personnes par la mer et à la saturation totale des infrastructures d'urgence, le ministère espagnol de l'Intérieur a ordonné le déploiement des forces armées pour soutenir la Garde civile sur le terrain.



Urgence humanitaire et saturation des structures d'accueil
La situation sur place demeure critique. Les autorités locales font état d'une capacité d'accueil dépassée, marquée par des rassemblements improvisés à travers la ville et des interventions de sauvetage en mer menées sans interruption par la Garde civile, les secours maritimes et la Croix-Rouge.

Centres saturés : Le Centre d'accueil temporaire des immigrés (CETI), dimensionné pour 500 places, affiche une surfréquentation extrême.

Secours sous pression : Plus de 600 opérations de sauvetage aquatique ont été menées au cours des derniers jours pour secourir les embarcations et les nageurs en difficulté.

Soutien militaire : L'armée espagnole a été sollicitée en renfort pour sécuriser les points stratégiques et appuyer les services de secours.

En parallèle, des centaines de jeunes personnes ont convergé vers la ville marocaine de Fnideq, portée par des rumeurs d'ouverture des points de passage frontaliers, en marge des célébrations de la Fête du Trône à M'diq.

Escalade diplomatique entre Rome et Madrid
Cet événement a déclenché une vive passe d'armes politique entre l'Italie et l'Espagne. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, ainsi que son ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, ont publiquement réclamé la suspension de l'Espagne de l'espace Schengen, attribuant cet afflux aux récentes politiques de régularisation portées par le gouvernement de Pedro Sánchez.

La réaction de Madrid a été immédiate : le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a dénoncé des déclarations qualifiées de « démagogie partisane » contraires au principe de solidarité européenne, avant d'annoncer la convocation officielle de l'ambassadeur d'Italie à Madrid en signe de protestation diplomatique.

Rédigé par le Vendredi 31 Juillet 2026 à 17:40