Diomaye - Sonko, quand la guerre des mots redessine la scène politique (Du « Xuntu » à la « Fitna »)



Du « Xuntu » à la « Fitna » : Une riposte présidentielle assumée

Il y a quelques semaines, le chef de l’État reprochait déjà à Ousmane Sonko de s’adonner au « xuntu » — l'art d'entretenir un monologue politique sans contradiction. En lançant la formule désormais virale « Reew mii saa fitnë dootufi nanee ñeex », Bassirou Diomaye Faye a franchi un palier supplémentaire.

En signifiant clairement que l'agitation politique (fitna) ne sera plus tolérée, le président ne se contente plus d'arbitrer : il descend dans l'arène verbale, armé de formules ciselées destinées à faire mouche.

Le silence stratégique d'Ousmane Sonko

Face à l'offensive, l'attitude du Premier ministre surprend. Autrefois réactif à la moindre attaque, Ousmane Sonko choisit cette fois une posture de retenue calculée :

Esquive tactique : Appel direct lancé à ses militants pour « ne pas tomber dans le piège » de la surenchère ;

Changement de posture : L'ancien opposant au ton incisif opte temporairement pour le silence comme mode de riposte.

Ce renversement des rôles constitue un paradoxe saisissant : le président réputé modéré adopte le verbe tranchant, tandis que le leader réputé offensif mise sur la prudence.

La bataille du récit et du leadership

Au-delà de la joute oratoire, ce duel symbolique révèle des enjeux politiques majeurs à l'approche des futures échéances :

Occupation du terrain : Diomaye Faye et Ousmane Sonko s'adressent au même socle électoral et cherchent à imposer leur propre récit national.

Émancipation politique : Le président ne se contente plus du registre institutionnel ; il conteste directement l'hégémonie de son chef de gouvernement sur le terrain de la communication populaire.

L'élève ne se borne plus à appliquer le manuel : il entend désormais en réécrire les pages, au risque de brouiller les lignes chez les électeurs.

Rédigé par le Mercredi 29 Juillet 2026 à 18:05