Crise migratoire à Ceuta: Pedro Sánchez fustige l'attitude « égoïste » de certains pays européens et exige une réunion des 27

Face aux tensions à Ceuta, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez hausse le ton contre la réaction de plusieurs États membres de l'Union européenne. Dans un courrier adressé à Bruxelles, le chef du gouvernement espagnol dénonce des postures fondées sur des préjugés et réclame un sommet d'urgence à 27.



Une charge virulente contre le manque de solidarité européenne

La gestion de la crise migratoire dans l'enclave de Ceuta crée de vives fractures au sein de l'Union européenne. Dans une lettre adressée aux dirigeants des institutions communautaires et consultée par l'AFP, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez n'a pas mâché ses mots à l'égard de la posture adoptée par certaines capitales européennes.

Denonçant fermement une attitude qualifiée d'« égoïste », le chef du gouvernement espagnol a estimé que ces réactions nuisaient directement aux fondements de la construction européenne.

« Une telle attitude — motivée par les préjugés, les fausses informations, l'ignorance ou des intérêts politiques — est non seulement contraire au droit européen, au droit humanitaire et aux principes de solidarité qui nous unissent, mais elle va également à l'encontre des intérêts à long terme de l'Europe », a fustigé Pedro Sánchez dans sa missive.

Madrid exige une concertation globale des 27 ministres de l'Intérieur

Pour répondre à l'urgence environnementale et politique sur le terrain, Pedro Sánchez demande officiellement l'organisation d'une réunion en visioconférence regroupant l'ensemble des ministres de l'Intérieur des 27 pays membres de l'UE.

Alors que 22 pays de l'Union européenne avaient précédemment réclamé une réponse axée sur la fermeté et le renforcement des contrôles aux frontières extérieures, Madrid entend replacer la solidarité communautaire et le respect du droit humanitaire au centre des débats.

Un bras de fer politique au sommet de l'Europe

Cette prise de parole de Pedro Sánchez illustre le fossé croissant entre l'approche prônée par Madrid — qui appelle à un soutien partagé et humanitaire face à la pression frontalière à Ceuta — et la ligne dure défendue par une majorité de gouvernements européens en faveur d'un verrouillage accru des accès au continent.

Rédigé par le Samedi 1 Aout 2026 à 17:27