Crise budgétaire : Aïssata Tall Sall demande la dissolution de l'Assemblée nationale et des législatives anticipées

La présidente du groupe Takku Wallu a interpellé jeudi le chef de l'État, estimant que seul le verdict des urnes peut trancher le conflit entre l'exécutif et la majorité parlementaire sur le budget.



En conférence de presse jeudi 5 novembre, Me Aïssata Tall Sall a livré un réquisitoire contre la majorité Pastef à l'Assemblée. Elle a invité le président Bassirou Diomaye Faye à prendre ses responsabilités en lançant sans détour : « Qu'on dissolve cette Assemblée et qu'on organise des élections législatives anticipées ». Elle a présenté cette option comme un acte de salubrité démocratique plutôt qu'une manœuvre politicienne.

L'opposante reproche à la majorité d'avoir rejeté la loi de finances rectificative sans débat de fond et d'utiliser le règlement intérieur pour réduire l'opposition au silence. Elle rappelle que le projet avait déjà été rejeté une première fois en commission des finances, le 23 octobre, et qualifie la crise actuelle de factice, motivée selon elle par une rivalité politique.

Sur le fond, elle a également contesté les orientations financières du gouvernement : une baisse de 304 milliards de FCFA du budget général, une hausse de 535 milliards des dépenses de fonctionnement et une contraction de 555 milliards des investissements. Elle souligne en outre un déficit annoncé à 7,6 % du PIB, très au-dessus du seuil de convergence de 3 % fixé par l'UEMOA.

Tout en revendiquant le rôle de contre-pouvoir de son groupe, elle rappelle que la légitimité présidentielle ne se confond pas avec celle de la majorité parlementaire. Reste à savoir si le chef de l'État envisagera cette option, alors que la commission des finances vient de rejeter tous les budgets de 2027.

Rédigé par le Dimanche 8 Novembre 2026 à 02:04