Cité Fayçal: polémique autour des déclarations du Premier ministre Ousmane SONKO

Les récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko sur sa volonté de reprendre le patrimoine bâti de l’État, « avec ou sans décision de justice », ont suscité une vive inquiétude parmi les résidents de la Cité Fayçal, qui ont déjà mobilisé leurs avocats.



Une inquiétude fondée sur l’histoire de la Cité Fayçal

Cette cité avait été concédée par l’ancien Président Abdoulaye Wade à des fonctionnaires, dont certains sont proches de la retraite, sans plan de relogement anticipé. L’ancien président Macky Sall avait tenté de revenir sur cette décision, mais la Cour suprême avait confirmé la légalité de l’occupation. L’État, peu disposé à assurer l’entretien de ces immeubles, avait alors accordé des baux de longue durée, allant de 50 à 99 ans, moyennant un loyer modique.

Ces résidents avaient ainsi pu investir dans l’amélioration de leurs logements, augmentant la valeur et le standing de la cité. Aujourd’hui, ils dénoncent le projet du Premier ministre comme une remise en cause de cet accord historique et légal.

Un désaccord politique et juridique

Pour certains habitants, cette démarche aurait une dimension politique, ciblant des personnalités de l’opposition, des ministres, des magistrats et des hauts fonctionnaires présents dans la cité.

Ils soulignent également une anomalie institutionnelle : la Société de gestion du patrimoine bâti de l’État, rattachée à la présidence, devrait recevoir ses instructions uniquement du chef de l’État et non du Premier ministre. Le point de presse de M. Sonko, annonçant la renégociation des contrats, a été perçu comme une usurpation de prérogatives.

Les résidents prêts à défendre leurs droits

Face à cette situation, les occupants de la Cité Fayçal ont décidé de défendre leurs droits et ont saisi leurs avocats pour examiner les aspects juridiques de l’expropriation envisagée. Ils se disent prêts à contester toute tentative de reprise forcée, rappelant que toute action doit se conformer strictement aux textes de loi.

Rédigé par Kamalenba le Mercredi 18 Mars 2026 à 02:06

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