Candidature du Général Birame Diop à la CEDEAO : Guy Marius Sagna brise le silence, rappelle le dossier de Terme Sud et exige une rupture anti-impérialiste

Le député panafricaniste ne transige pas avec ses convictions, même face aux choix de sa propre mouvance. À la suite de l'annonce officielle de la candidature du Général d'armée aérienne Birame Diop à la présidence de la Commission de la CEDEAO par le président Bassirou Diomaye Faye, le parlementaire Guy Marius Sagna a publié une tribune au vitriol. Sans détours, la figure de proue de la gauche souverainiste sénégalaise a rappelé ses griefs passés contre l'actuel ministre des Forces armées tout en dessinant une feuille de route radicale pour l'avenir de l'intégration sous-régionale.



Les "problèmes" de Guy Marius Sagna avec la nomination de Birame Diop
Le parlementaire a confessé avoir éprouvé un profond malaise dès l'entrée de l'officier général au sein du premier gouvernement de l'ère Diomaye-Sonko :

Le traumatisme foncier de Terme Sud : Guy Marius Sagna a révélé que la nomination du Général Birame Diop en avril 2024 lui avait posé un sérieux problème éthique. En cause, le lien réel ou supposé du haut gradé avec le douloureux conflit foncier de Terme Sud. « La répression des habitants de Terme Sud aux côtés desquels je suis depuis des années, je ne peux l'oublier », a-t-il martelé, confiant s'être interrogé à l'époque sur la légitimité de sa présence dans l'attelage gouvernemental et l'avoir signalé aux plus hautes autorités.

La gestion humaine de l'affaire Didier Badji : Le député s'est dit profondément insatisfait du traitement accordé par le ministère des Forces armées et de la Gendarmerie à la situation des enfants du gendarme disparu Didier Badji. Il a déploré avoir dû multiplier les sorties médiatiques pour obtenir de timides avancées administratives, estimant que la gestion de ce dossier restait lacunaire.

Tout en reconnaissant que le ministre a fait de son mieux à la tête de son département et qu'il reste capable de faire plus, Guy Marius Sagna n'a pas ménagé les paradoxes de cette trajectoire étatique.

Le Général Diop à la CEDEAO : L'illusion des hommes face au poids du système
Concernant la projection du Général Birame Diop à la tête de l'institution ouest-africaine à partir de juillet 2026, le député se montre implacable sur la nature de la structure :

Le piège de la tutelle impérialiste : Pour l'activiste, le choix des hommes importe peu si la nature profonde de l'organisation reste inchangée. Si la CEDEAO conserve son logiciel actuel, la nomination du Général Diop ou de n'importe quel autre profil ne modifiera en rien sa fonction de courroie de transmission des intérêts extérieurs.

L'exigence de refus : Le parlementaire réaffirme que la seule ligne stratégique valable pour le continent doit être le refus catégorique de tout asservissement économique, politique ou sécuritaire.

Cap vers la transition et l'avènement d'un État fédéral souverain
Pour Guy Marius Sagna, l'heure n'est plus aux réformettes de façade mais à une véritable révolution structurelle au sein de l'espace communautaire :

Une Afrique de l'Ouest souverainisée : L'urgence politique réside dans l'amorce d'une transition ouest-africaine radicale, permettant de rompre avec l'héritage d'une région vassalisée au profit d'un espace géopolitique pleinement souverain.

Le projet d'un gouvernement fédéral : Cette indépendance retrouvée doit impérativement se matérialiser par l'union d'États d'Afrique de l'Ouest libérés et interconnectés, bâtis autour d'un gouvernement fédéral souverain unique.

Cette sortie retentissante rappelle les tiraillements idéologiques internes qui traversent la scène politique sénégalaise, où l'exigence de la rupture systémique se confronte parfois au réalisme de la diplomatie d'État.


Rédigé par le Lundi 1 Juin 2026 à 01:01