Bras de fer institutionnel: Sonko contre-attaque à l'Assemblée nationale, Faye conserve ses armes constitutionnelles

Le 24 juillet 2026, le Bureau de l'Assemblée nationale a validé deux propositions de loi très politiques visant la déclaration de patrimoine présidentielle et les fonds secrets. Entre commissions d'enquête en série et veto exécutif potentiel, le groupe PASTEF accentue la pression sur la présidence de la République.



Le feuilleton politique au sommet de l'État sénégalais connaît un nouveau rebondissement. Ce vendredi 24 juillet 2026, le Bureau de l'Assemblée nationale a validé une série de textes et de réformes aux allures de riposte législative directe après le rejet par le Conseil constitutionnel, le 9 juillet dernier, de la révision portée par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Au cœur de cette offensive parlementaire menée par la majorité PASTEF-Les Patriotes (130 sièges sur 165) figurent deux propositions de loi particulièrement symboliques :

La déclaration de patrimoine du Président de la République : Une remise sur la table de l'article 37 de la Constitution, curieusement omis dans les précédentes montures révisées.

L'encadrement des fonds secrets : Une tentative de régulation et de contrôle des « crédits spéciaux », une ligne budgétaire traditionnellement à la discrétion de l'exécutif.

Commissions d'enquête en série et joutes juridiques

Cette offensive législative s'accompagne de la création de cinq commissions d'enquête parlementaires impulsées par le groupe PASTEF. Les députés entendent passer au crible plusieurs dossiers sensibles : le foncier, le patrimoine bâti de l'État, les mécanismes financiers complexes de type "Total Return Swap", les marchés du programme "Un étudiant, un ordinateur", ainsi que la gestion des licences de pêche.

Cependant, malgré cette démonstration de force à l'Hémicycle, l'exécutif conserve des leviers juridiques majeurs. Ayant refusé d'ôter au Gouvernement l'usage du "vote bloqué" (article 82 alinéa 4 de la Constitution), le Conseil constitutionnel permet au président Bassirou Diomaye Faye de garder la main. Saisis pour avis, le chef de l'État et le ministre de la Justice disposent d'un arsenal complet pour ralentir, amender ou faire retoquer ces textes par les Sages.

Le quotidien des Sénégalais au second plan ?

Alors que l'Assemblée nationale propose et que le Palais présidentiel dispose, ce bras de fer au sommet fait réagir l'opinion publique.

Pendant que les tensions institutionnelles s'exacerbent autour de la transparence du patrimoine et des fonds secrets, les urgences économiques et le coût de la vie — à commencer par le prix du sac de riz et des denrées de première nécessité pour la ménagère — restent, pour l'heure, au second plan de ce débat parlementaire.


Rédigé par le Samedi 25 Juillet 2026 à 03:32