Assainissement des finances publiques: Le Sénégal doit apurer 1 956 milliards de FCFA d'arriérés et opte pour le reprofilage de sa dette

Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a fait état d'un point de situation financier majeur concernant les engagements du Sénégal. Dans le cadre des efforts d'assainissement des finances publiques, l'État doit faire face à un encours de 1 956 milliards de francs CFA (soit environ 3,5 milliards de dollars) d'arriérés de paiement. Le chef du Gouvernement a averti que l'accumulation de ces créances impayées fait peser un risque lourd sur la dynamique économique nationale et menace de provoquer des pertes d'emplois directes.



Reprofilage de la dette et accord avec le FMI

Pour stabiliser le cadre macroéconomique sans passer par une restructuration formelle, les autorités sénégalaises privilégient la voie du reprofilage :

Stratégie de réaménagement : La méthode consiste à renégocier les taux d'intérêt et à allonger les maturités des remboursements. La dette libellée en francs CFA sera préservée et exclue de cette réorganisation.

Projets sous revue : Une trentaine de conventions minières font actuellement l'objet d'une renégociation stratégique avec les partenaires.

Soutien du FMI : Un accord au niveau des services a été conclu pour un programme de prêt de 2,2 milliards de dollars sur trois ans, destiné à prendre le relais du précédent mécanisme suspendu en 2024 après la détection d'irrégularités déclaratives sous l'ancienne administration.

Activation du « cadre commun renforcé » et réactions des marchés

Le ministère de l'Économie et des Finances s'est engagé dans un « cadre commun renforcé » afin de restaurer la viabilité financière de l'État. Inspiré du mécanisme du G20 conçu pour coordonner les créanciers du Club de Paris et les bailleurs bilatéraux comme la Chine, ce dispositif vise à garantir un traitement équitable des obligations.

Toutefois, sur les marchés financiers, les analystes rappellent que l'allongement des échéances et la révision des taux restent assimilés à des modifications significatives des conditions obligataires initiales.

Rédigé par le Mardi 8 Septembre 2026 à 21:22