Artisanat: le gouvernement appelé à faciliter le financement et l’accès aux marchés publics

Le président Bassirou Diomaye Faye veut renforcer la place de l’artisanat dans la transformation économique du Sénégal. Recensement des professionnels, accès à la commande publique, réflexion sur un fonds spécial de financement et modernisation des Chambres de Métiers figurent parmi les mesures annoncées.



Le développement de l’artisanat national fait partie des orientations présentées par le président de la République lors du Conseil des ministres du 28 octobre 2026. Bassirou Diomaye Diakhar Faye souhaite faire de ce secteur un levier de création d’emplois, de formation professionnelle et de promotion du « Made in Sénégal ».

Cette ambition a été réaffirmée après une audience accordée aux présidents des Chambres de Métiers et de leur Union nationale. Le chef de l’État a salué le travail des artisans et leur contribution au développement économique et social du pays.

Il a demandé au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour repositionner l’artisanat et les Chambres de Métiers dans l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050.

Un recensement général des artisans envisagé

Parmi les priorités figure le recensement général des artisans. Cette opération doit permettre de mieux identifier les professionnels du secteur et de faciliter leur enrôlement dans les dispositifs d’accompagnement existants.

L’objectif est notamment de renforcer la professionnalisation des acteurs et de leur permettre de bénéficier plus efficacement des mécanismes d’encadrement et de financement disponibles.

La formation, l’apprentissage et l’insertion professionnelle font également partie des axes mis en avant par le président de la République. La valorisation des savoir-faire nationaux et le développement de la consommation locale sont présentés comme des leviers de cette politique.

Faciliter l’accès à la commande publique

L’accès des artisans aux marchés publics constitue un autre chantier important. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’améliorer les possibilités offertes aux professionnels du secteur dans ce domaine.

Cette orientation s’accompagne d’une demande de restructuration complémentaire des activités de l’Agence de promotion et de développement de l’artisanat (APDA) et du Projet Mobilier national.

Le but affiché est de mieux positionner les artisans dans les circuits économiques et de favoriser la valorisation des produits fabriqués localement.

Vers un fonds spécial de financement ?

Le président de la République a également demandé de réfléchir à la mise en place, à court terme, d’un fonds spécial destiné au financement de l’artisanat.

La réflexion devra prendre en compte les initiatives déjà engagées par l’État ainsi que la mobilisation solidaire d’apports directs des artisans. L’ambition est de faciliter leur accès au système financier.

Le communiqué ne précise cependant ni le montant envisagé pour ce fonds ni ses modalités de fonctionnement. Sa création reste donc présentée comme une piste à étudier.

En parallèle, le gouvernement est appelé à renforcer et à moderniser les infrastructures, les équipements et les parcs logistiques des Chambres de Métiers. La régularisation foncière des sites accueillant les villages artisanaux doit également être finalisée.

Enfin, le Premier ministre devra organiser, avant la fin de l’année 2026, un Conseil interministériel consacré au développement de l’artisanat. Cette rencontre devrait permettre d’examiner les actions à mener pour traduire les orientations présidentielles en mesures opérationnelles.

Rédigé par le Mercredi 28 Octobre 2026 à 22:24