Après le drame de Ceuta, l'AMDH réclame des comptes à Rabat, Madrid... et relance le débat anticolonial

L'Association marocaine des droits humains hausse le ton. En exigeant une enquête indépendante sur les 130 morts qu'elle recense, l'ONG condamne les politiques sécuritaires des deux côtés de la frontière tout en remettant sur la table la souveraineté sur les enclaves espagnoles.



Exigence de vérité et dénonciation des refoulements

Face aux bilans contradictoires (72 morts selon les autorités espagnoles contre près de 130 selon l'ONG), l'AMDH exige toute la lumière sur la gestion des événements à Fnideq et Ceuta.

L'association formule de lourdes accusations :

Contre Rabat : Accusé d'avoir sciemment « laissé faire » les rassemblements massifs avant de réprimer violemment les contestations sans fournir le moindre bilan officiel.

Contre Madrid : Dénonciation des « pushbacks » (refoulements immédiats à la frontière), particulièrement le renvoi collectif de mineurs, en violation du droit international et du cas par cas requis.

Contre l'extrême droite européenne : Condamnation de l'instrumentalisation politique du drame par les discours haineux qui présentent les migrants comme une menace.

Entre droits de l'Homme et décolonisation

Dans une posture singulière, l'AMDH ne se contente pas de défendre les droits des migrants. L'organisation à la ligne anticolonialiste réclame désormais l'inscription officielle de la restitution de Ceuta et Melilla à l'ordre du jour politique marocain.

Pour l'ONG, la résolution définitive des drames migratoires à cette frontière passe nécessairement par l'achèvement du processus de décolonisation de ces territoires enclavés en Afrique du Nord. Une position complexe qui remet en question le statut de la seule frontière terrestre entre l'Afrique et l'Union européenne.

Rédigé par le Lundi 3 Aout 2026 à 04:18