Angola : 100 millions de dollars investis dans la science et la technologie pour bâtir l'avenir de sa jeunesse

À travers un partenariat avec la Banque africaine de développement, l'Angola mise sur l'éducation, la recherche et l'innovation pour diversifier son économie post-pétrolière, avec un accent particulier sur l'autonomisation des femmes dans les filières scientifiques.



L'Angola se trouve à un tournant décisif de son histoire économique. Après des décennies de dépendance vis-à-vis des revenus pétroliers, le pays investit résolument dans sa ressource la plus précieuse : sa jeunesse, en particulier les femmes. Cette ambition se concrétise à travers le Projet de développement des sciences et technologies (STDP), un partenariat de 100 millions de dollars entre le gouvernement angolais et le Groupe de la Banque africaine de développement, qui redessine l'avenir du pays à travers l'éducation, la recherche et l'innovation.

Former une nouvelle génération de scientifiques et d'ingénieurs

L'ambition du programme est claire : diversifier l'économie en formant une génération de scientifiques, d'ingénieurs et d'innovateurs capables de stimuler une croissance durable bien après la fin du projet. Au cœur de cette transformation se trouve une conviction forte : investir dans l'éducation d'une femme, c'est investir dans toute une génération.

Des bourses de troisième cycle à l'international

161 étudiants boursiers angolais ont été admis au programme de bourses de troisième cycle du STDP, leur permettant d'étudier à l'université de Lisbonne au Portugal et à l'université de São Paulo au Brésil. Parmi ces bénéficiaires, 21% sont des femmes, une proportion que le programme s'engage à augmenter dans le cadre d'un projet de suivi prévu pour 2027.

Un programme pour les filles vulnérables dès le secondaire

L'investissement transformateur ne se limite pas au troisième cycle. Dans des provinces comme Bié, le nombre de filles inscrites dans l'enseignement secondaire en filières STEM demeure extrêmement faible. Pour répondre à ce défi, le programme de bourses du STDP destiné aux filles vulnérables a fourni entre 2019 et 2024 une allocation mensuelle de 200 dollars à 1204 filles angolaises, soit près de dix fois son objectif initial de 125 bénéficiaires.

Un impact qui dépasse la salle de classe

Une évaluation réalisée en 2024 a révélé que l'impact s'étendait bien au-delà de la salle de classe : 82% des personnes interrogées ont signalé une amélioration de leur sécurité alimentaire, 97% ont bénéficié d'un meilleur accès au matériel pédagogique, et 33% ont fait état d'un changement fondamental dans leurs attentes pour l'avenir. Plus remarquable encore, 40,2% d'entre elles ont poursuivi leurs études dans l'enseignement supérieur.

Une bénéficiaire du programme témoigne : la bourse ne les a pas seulement aidées à étudier, elle les a aidées à croire en elles.

Des infrastructures scientifiques renforcées à l'échelle nationale

L'investissement humain s'accompagne d'un effort infrastructurel conséquent. Le projet STDP a équipé 54 laboratoires scientifiques dans 18 établissements d'enseignement secondaire, formé plus de 1350 enseignants, techniciens et conseillers pédagogiques, et financé 73 projets de recherche, dont 31,5% ont été attribués à des femmes.

Pour les responsables du programme, l'investissement de l'Angola en faveur des femmes dans le domaine scientifique constitue le levier le plus efficace pour assurer une diversification économique durable à long terme.

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Rédigé par le Vendredi 19 Juin 2026 à 17:50