Agriculture en Casamance: Mabouba Diagne souligne les progrès et les défis pour la campagne 2026

À l’occasion de la réception de la digue anti-sel de Coubalan, le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, a fait le point sur les avancées agricoles en Casamance. Il rappelle que 20 % des surfaces restent salées et insiste sur la souveraineté alimentaire, la mécanisation et la gestion de l’eau comme leviers clés du développement.



Dans le cadre de la tournée économique du Président de la République Bassirou Diomaye Faye, la réception de la digue anti-sel de Coubalan a marqué une étape majeure pour la protection des terres agricoles en Casamance. Selon le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, cette infrastructure protège 1.057 hectares répartis sur les vallées des villages de Coubalan, Djilacoune et Finthiock.

La digue de 22,585 km, réalisée par le Provale-Cv, contribue à réduire la salinité des sols, mais « pour cette campagne, il reste encore 20 % de surfaces salées », précise le ministre. Le processus de désalinisation complète est attendu pour la campagne suivante. La superficie agricole utile totale s’élève à environ 845,6 hectares, principalement cultivés avec des variétés certifiées de riz. Des amendements calciques comme le Terracalcou et des engrais organiques et minéraux subventionnés par l’État améliorent la fertilité des sols et la productivité.

Les rendements moyens atteignent 3,5 tonnes par hectare, avec une production totale estimée à près de 2.960 tonnes de paddy, soit environ 1.953 tonnes de riz blanc, en plus d’un millier de tonnes de son et balles destinées à l’alimentation du bétail.

Souveraineté alimentaire et perspectives

Mabouba Diagne rappelle que l’agriculture est un pilier fondamental pour la croissance et la souveraineté alimentaire en Casamance. L’Agenda 2050 fixe des objectifs ambitieux mais réalisables, soutenus par une pluviométrie favorable et des programmes de maîtrise de l’eau d’irrigation en cours.

L’État a mis en place une synergie d’actions, avec des intrants agricoles certifiés, subventionnés et disponibles sur tout le territoire, ainsi que du matériel agricole subventionné. La collaboration entre services techniques, projets et coopératives agricoles est un moteur essentiel de cette dynamique.

Les productions attendues pour la saison sont prometteuses : 900.000 tonnes d’arachide, 639.000 tonnes de maïs, 112.000 tonnes de bananes, 25.000 tonnes de coton, ainsi que des performances encourageantes sur l’oignon, la pomme de terre, le riz, le sorgho et le fonio.

Gestion de l’eau et mécanisation agricole

La maîtrise de l’eau est identifiée comme une priorité stratégique pour permettre une production continue toute l’année. Les coopératives agricoles communautaires (Cac) sont au cœur de cette stratégie, avec un déploiement accéléré attendu sur l’ensemble du territoire.

Le ministre a également insisté sur le programme de mécanisation agricole, notamment via l’initiative « Allo Tracteur », qui facilite l’accès aux équipements modernes pour les petits producteurs à travers un système de services mécanisés professionnels. Ce programme forme aussi les jeunes et les femmes aux métiers de la mécanisation et encourage la création de coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma).

Valorisation des potentialités locales

La biodiversité de la région sud, avec plus de vingt produits forestiers non ligneux, est un atout important à valoriser. Les groupements féminins jouent un rôle crucial dans la transformation et la commercialisation de ces ressources, générant ainsi des emplois.

Chaque village dispose au moins d’une vallée rizicultivable, souvent sous-exploitée, et l’émergence de coopératives agricoles actives est vue comme une solution clé pour accélérer le développement local.

Rédigé par Kamalenba le Samedi 27 Décembre 2025 à 02:17

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