Une pression migratoire exceptionnelle à Ceuta
La ville autonome espagnole de Ceuta, enclave située sur la côte nord-africaine, fait face à une situation migratoire exceptionnelle.
Selon les autorités locales, près de 60 000 migrants ont franchi ces derniers jours la frontière entre le Maroc et Ceuta, un chiffre représentant environ 70 % de la population de l'enclave.
Face à cette situation, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s'est rendu sur place et a dénoncé « une attaque » ainsi qu'une « violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne ».
Le gouvernement espagnol a annoncé que plus de 37 500 migrants avaient déjà regagné le Maroc grâce à la coopération entre les autorités des deux pays.
Le Maroc réaffirme sa coopération avec l'Espagne
Interrogée par RFI, Marie-Laure Basilien-Gainche, professeure de droit public à l'Université Jean-Moulin Lyon 3 et spécialiste des questions migratoires, observe que les autorités marocaines ont d'abord adopté une attitude prudente avant de réaffirmer leur volonté de collaborer avec Madrid.
Selon elle, cette évolution traduit probablement un processus de concertation diplomatique entre Rabat et Madrid.
L'experte souligne que le retour rapide de milliers de migrants vers le Maroc s'inscrit dans une logique de coopération déjà observée entre les deux pays en matière de contrôle des frontières.
Une crise aux causes encore incertaines
Interrogée sur les raisons de cet afflux inédit, Marie-Laure Basilien-Gainche reste prudente.
Elle évoque plusieurs hypothèses, notamment les tensions diplomatiques liées aux relations entre l'Espagne, le Maroc, l'Algérie et la question du Sahara occidental.
Toutefois, elle insiste sur le fait qu'aucun élément ne permet, à ce stade, de confirmer que Rabat aurait volontairement laissé partir ces migrants pour exercer une pression politique sur Madrid.
Giorgia Meloni appelle à des mesures contre l'Espagne
Cette crise a provoqué de nombreuses réactions au sein de l'Union européenne.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a notamment estimé que l'Espagne devrait être suspendue de l'espace Schengen.
Une proposition que Marie-Laure Basilien-Gainche juge dépourvue de fondement juridique.
Selon elle, les règles de l'espace Schengen ne prévoient aucun mécanisme permettant de suspendre un État membre.
Elle rappelle qu'en cas de dysfonctionnements graves dans la gestion des frontières extérieures, la Commission européenne peut formuler des recommandations ou autoriser temporairement le rétablissement des contrôles aux frontières intérieures, mais pas exclure un pays de Schengen.
Un débat politique autour de l'immigration
Pour la spécialiste, les déclarations de Giorgia Meloni s'inscrivent avant tout dans une stratégie politique.
Elle estime que la dirigeante italienne cherche à consolider son leadership auprès des formations conservatrices et de droite en Europe en adoptant une ligne particulièrement ferme sur les questions migratoires.
Marie-Laure Basilien-Gainche considère que cette communication repose davantage sur ce qu'elle qualifie de « fantasme migratoire » que sur la réalité juridique ou démographique de la situation.
Elle souligne que les dizaines de milliers de migrants concernés se trouvent toujours en Afrique et que leur retour vers le Maroc limite fortement les conséquences pour les autres États membres de l'Union européenne.
Une coopération entre Rabat et Madrid appelée à se poursuivre
Alors que les opérations de retour des migrants se poursuivent, les autorités espagnoles et marocaines affichent leur volonté de renforcer leur coordination afin de maîtriser la situation.
Cette crise met néanmoins en lumière la sensibilité persistante des questions migratoires entre les deux rives de la Méditerranée ainsi que les divergences d'approche qui subsistent au sein de l'Union européenne sur la gestion des frontières extérieures.
La ville autonome espagnole de Ceuta, enclave située sur la côte nord-africaine, fait face à une situation migratoire exceptionnelle.
Selon les autorités locales, près de 60 000 migrants ont franchi ces derniers jours la frontière entre le Maroc et Ceuta, un chiffre représentant environ 70 % de la population de l'enclave.
Face à cette situation, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s'est rendu sur place et a dénoncé « une attaque » ainsi qu'une « violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne ».
Le gouvernement espagnol a annoncé que plus de 37 500 migrants avaient déjà regagné le Maroc grâce à la coopération entre les autorités des deux pays.
Le Maroc réaffirme sa coopération avec l'Espagne
Interrogée par RFI, Marie-Laure Basilien-Gainche, professeure de droit public à l'Université Jean-Moulin Lyon 3 et spécialiste des questions migratoires, observe que les autorités marocaines ont d'abord adopté une attitude prudente avant de réaffirmer leur volonté de collaborer avec Madrid.
Selon elle, cette évolution traduit probablement un processus de concertation diplomatique entre Rabat et Madrid.
L'experte souligne que le retour rapide de milliers de migrants vers le Maroc s'inscrit dans une logique de coopération déjà observée entre les deux pays en matière de contrôle des frontières.
Une crise aux causes encore incertaines
Interrogée sur les raisons de cet afflux inédit, Marie-Laure Basilien-Gainche reste prudente.
Elle évoque plusieurs hypothèses, notamment les tensions diplomatiques liées aux relations entre l'Espagne, le Maroc, l'Algérie et la question du Sahara occidental.
Toutefois, elle insiste sur le fait qu'aucun élément ne permet, à ce stade, de confirmer que Rabat aurait volontairement laissé partir ces migrants pour exercer une pression politique sur Madrid.
Giorgia Meloni appelle à des mesures contre l'Espagne
Cette crise a provoqué de nombreuses réactions au sein de l'Union européenne.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a notamment estimé que l'Espagne devrait être suspendue de l'espace Schengen.
Une proposition que Marie-Laure Basilien-Gainche juge dépourvue de fondement juridique.
Selon elle, les règles de l'espace Schengen ne prévoient aucun mécanisme permettant de suspendre un État membre.
Elle rappelle qu'en cas de dysfonctionnements graves dans la gestion des frontières extérieures, la Commission européenne peut formuler des recommandations ou autoriser temporairement le rétablissement des contrôles aux frontières intérieures, mais pas exclure un pays de Schengen.
Un débat politique autour de l'immigration
Pour la spécialiste, les déclarations de Giorgia Meloni s'inscrivent avant tout dans une stratégie politique.
Elle estime que la dirigeante italienne cherche à consolider son leadership auprès des formations conservatrices et de droite en Europe en adoptant une ligne particulièrement ferme sur les questions migratoires.
Marie-Laure Basilien-Gainche considère que cette communication repose davantage sur ce qu'elle qualifie de « fantasme migratoire » que sur la réalité juridique ou démographique de la situation.
Elle souligne que les dizaines de milliers de migrants concernés se trouvent toujours en Afrique et que leur retour vers le Maroc limite fortement les conséquences pour les autres États membres de l'Union européenne.
Une coopération entre Rabat et Madrid appelée à se poursuivre
Alors que les opérations de retour des migrants se poursuivent, les autorités espagnoles et marocaines affichent leur volonté de renforcer leur coordination afin de maîtriser la situation.
Cette crise met néanmoins en lumière la sensibilité persistante des questions migratoires entre les deux rives de la Méditerranée ainsi que les divergences d'approche qui subsistent au sein de l'Union européenne sur la gestion des frontières extérieures.