Affaire du PSD : Deux anciens directeurs du FERA entendus par le Pool Judiciaire Financier sur un financement de 453 milliards de FCFA



Dakar, Sénégal – L'affaire du Programme spécial de désenclavement (PSD) connaît de nouveaux développements judiciaires d'envergure. Dans son édition de ce jeudi 15 octobre 2026, le quotidien L'Observateur a révélé que deux anciens directeurs généraux du Fonds d’entretien routier autonome (FERA), Mamadou Faye et Pape Ibrahima Faye, ont comparu devant le collège des juges d’instruction du Pool Judiciaire Financier (PJF). Cette convocation fait suite aux investigations approfondies menées sur un gigantesque dossier de financement estimé à 453 milliards de francs CFA.

Selon les informations rapportées par la presse, ce dossier ultrasensible, initialement documenté et mis en lumière par le média Dakaractu, a été mené dans la plus grande discrétion par les autorités judiciaires. Lors de leur face-à-face avec les magistrats du PJF, l'un des mis en cause, en l'occurrence Mamadou Faye, aurait versé une caution financière dépassant les 200 millions de francs CFA afin d'échapper à un placement sous mandat de dépôt. Les investigations du pôle spécialisé se concentrent principalement sur le circuit sinueux emprunté par un premier décaissement de 95 milliards de francs CFA issus d'une ligne de crédit internationale.

Les enquêteurs et les juges d'instruction s'interrogent activement sur le choix d'un tel montage financier, les fonds n'ayant pas été versés directement dans les comptes du Trésor public sénégalais. Les flux financiers auraient transité par des sociétés intermédiaires, soulevant de nombreuses zones d'ombre quant à la traçabilité des commissions, l'utilisation d'un Dépôt à terme (DAT), la perception d'intérêts financiers y afférents et la destination finale des sommes mobilisées.

Les révélations antérieures avaient mis en cause le rôle central du banquier Moustapha Sow, soupçonné d'avoir indûment capté les 95 milliards de francs CFA initiaux avec la complicité de son associé britannique, Paul Woodman. Pour rappel, ce dernier, agissant via la structure londonienne ASGC UK, avait obtenu du gouvernement britannique un crédit export colossal de 774 millions d’euros (environ 507 milliards de FCFA) par l'intermédiaire de la banque japonaise MUFG UK.

Au mépris des règles de gestion des deniers publics, les fonds ont été injectés dans les comptes d'ASGC Sénégal, une entité créée et contrôlée par Moustapha Sow au moment des faits, après un transit par un circuit opaque à travers la FBNBank et plusieurs sociétés offshores créées à l'étranger. Face à l'ouverture de cette information judiciaire visant le FERA et la société SF Capital, le banquier principal a quitté le territoire national. Il refuse pour l'heure de déférer aux convocations de la justice sénégalaise, se contentant d'être représenté par ses conseils juridiques.

Rédigé par le Samedi 17 Octobre 2026 à 01:45