Affaire Pape Cheikh Diallo : Le dossier bascule dans la criminalité avec l'implication d'un trafic de drogue

Pikine-Guédiawaye, le 12 février 2026 – L'affaire dite des « 12 présumés homosexuels » prend une tournure inattendue et particulièrement lourde. Alors que les mis en cause viennent d'être écroués, l'instruction s'élargit désormais au crime de trafic de drogue, transformant ce fait divers de mœurs en une affaire criminelle complexe.



Un réquisitoire élargi au trafic de stupéfiants

Le procureur de la République près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a frappé fort dans son réquisitoire introductif. Initialement poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH et blanchiment de capitaux, les prévenus font désormais face à une nouvelle accusation de taille : le trafic de drogue (visé contre X).

Cette qualification criminelle a une conséquence juridique majeure : elle lève toute contrainte de délai pour l’instruction, permettant au juge du premier cabinet de mener des investigations sans limite de temps.

Des pratiques à risques sous l'emprise de stupéfiants

Les enquêteurs de la Brigade de recherches de Keur-Massar ont mis en lumière un lien étroit entre la consommation de drogues dures et les pratiques sexuelles au sein du groupe. Les investigations révèlent l'usage de diverses substances lors de rapports sexuels impliquant aussi bien des couples homosexuels qu’hétérosexuels.

Cette découverte place un fournisseur présumé dans le viseur de la gendarmerie, tandis que les douze personnes déjà en détention pourraient voir leur dossier s'alourdir d'une prévention pour usage de stupéfiants.

Perquisitions et extractions de Rebeuss

L'instruction est entrée dans une phase active ce mercredi 11 février. Sur délégation judiciaire, trois figures centrales de l'affaire ont été extraites de la maison d'arrêt de Rebeuss :

Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé, Doudou Lamine Dieng.

Ces extractions ont permis de mener des perquisitions spectaculaires à leurs domiciles respectifs. Plusieurs objets ont été saisis par les enquêteurs avant que les trois mis en cause ne soient reconduits dans leurs cellules.

Rappel des faits : Une alerte sanitaire au point de départ

L'affaire a débuté le 4 février 2026 suite au signalement d'un individu séropositif qui entretenait sciemment des relations sexuelles non protégées. L'enquête a rapidement révélé un réseau structuré via des groupes de discussion sur les réseaux sociaux.

Sur les douze personnes interpellées, les tests de dépistage ont confirmé :

8 cas positifs au VIH, 4 cas séronégatifs.

L'affaire, désormais tentaculaire, mobilise l'opinion publique sénégalaise et promet une instruction de longue haleine au carrefour de la santé publique, de la morale et de la lutte contre le crime organisé.

Rédigé par Kamalenba le Jeudi 12 Février 2026 à 12:47

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