Affaire Guy Marius Sagna et Cheikh Bara Ndiaye: Seydi Gassama exprime sa vive préoccupation et réclame la dépénalisation des délits d’opinion

La société civile sénégalaise s'invite dans le débat sur les libertés publiques et les récentes procédures judiciaires. Ce samedi 30 mai 2026, le célèbre défenseur des droits humains et directeur exécutif d'Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a exprimé publiquement sa profonde inquiétude face à la recrudescence des convocations ciblant des parlementaires de la majorité. Il a fermement interpellé les nouvelles autorités du pays, à savoir le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, en les renvoyant à leur propre passé récent d'opposants.



Une alerte sur la liberté d'expression à la Section de recherches
L'élément déclencheur de cette sortie médiatique reste la vague de procédures enclenchées devant la justice contre deux figures majeures de l'hémicycle :

Des convocations ciblées : Seydi Gassama s'est dit "très préoccupé" par les convocations successives des députés Cheikh Bara Ndiaye et Guy Marius Sagna devant les enquêteurs de la Section de recherches de la gendarmerie nationale.

La nature des infractions en cause : Selon le droit-de-l'hommiste, les motifs retenus contre les deux parlementaires sont présumés directement liés à l'exercice de la liberté d'expression dans l'espace public.

Un appel pressant à la suppression des peines de prison pour délits d'opinion
Face à ce constat, Seydi Gassama réclame une réforme législative majeure pour protéger le débat démocratique. Il demande solennellement la suppression définitive des peines de prison pour les infractions de presse ou d'opinion, estimant que ces dispositions légales obsolètes continuent d'être instrumentalisées pour faire taire les voix critiques à l'égard des dirigeants politiques en place.

Pour appuyer son argumentaire, le directeur d'Amnesty Sénégal a rappelé un fait historique marquant : le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le Président de l'Assemblée nationale Ousmane Sonko ont eux-mêmes été les victimes directes de ces mêmes méthodes et de ces condamnations sous le régime de l'ancien président Macky Sall. Il appelle donc la nouvelle administration souverainiste à rompre définitivement avec ces pratiques répressives.


Rédigé par le Samedi 30 Mai 2026 à 14:47